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Le temps de la coalition pour la France

Septembre 2014,

S’il est un constat qui fait aujourd’hui l’unanimité en France, quelle que soit l’étiquette politique, c’est bien celui de l’état du pays tant sur le plan économique et social que sur le plan des valeurs, qui malheureusement fracture la nation en de nombreux endroits…

Malgré cet accablant constat, force est de constater que la classe politique dans son ensemble continue à se préoccuper exclusivement de ses prochaines échéances électorales au mépris ahurissant des intérêts fondamentaux du pays. Aujourd’hui, la quasi totalité des chroniqueurs, observateurs, analystes est tellement obnubilée par la stratégie poursuivie pat tel ou tel qu’ils en oublient, à mon sens, l’essentiel : comment redresser un pays, qui, depuis 40 ans, n’a pas fait le 10ème des réformes que la plupart des grands pays occidentaux ont réalisés à marche forcée depuis quelques années.

Comment peut-on encore tolérer en France que l’opposition, tantôt de droite, tantôt de gauche en fonction des périodes puisse encore être dans la contestation systématique, caricaturale et outrancière de tout ce que fait le parti au pouvoir ? Le PS et l’UMP sont-ils à ce point différentspour faire croire au Peuple qu’ils détiennent, seuls, la recette miracle pour redresser le pays ? Les résultats des uns ou des autres sont-ils si gratifiants et si impressionnants que les premiers pourraient mépriser les seconds et vice versa ?

La réponse est évidemment négative. Tous les français l’ont compris, sauf nos brillantes élites qui nous gouvernent à tour de rôle et qui s’arrogent encore le droit de se prendre pour de grands stratèges alors que la France est au bord de l’asphyxie dans bien des domaines.

Au-delà de grandes théories vide de sens, chères à nos technocrates parfaitement incompétents, il convient d’illustrer notre propos par quelques informations ou éléments chiffrés qui parlent d’eux mêmes. Au hasard, tentons de synthétiser quelques informations sur les politiques fiscales, les niveaux de dépenses publiques ou les contraintes règlementaires en France sur les 10 dernières années et nous nous apercevrons bien vite qu’il n’existe pas, à quelques symboles près, de réelles différences entre les grandes orientations de la droite ou celle de la gauche en France.

Par exemple, prenons la gestion calamiteuse par Nicolas Sarkozy et François Hollande du travail à domicile, secteur qui avait pourtant fait ses preuves en terme de création d’emplois. La précédente majorité avait supprimé un abattement de 15% sur les cotisations sociales, puis début 2013 le nouveau gouvernement a supprimé la déclaration au forfait (qui permettait à l’employeur de payer des charges sur une base SMIC quel que soit le salaire versé au salarié). Le résultat fut immédiat : perte de 12 000 emplois équivalents tempspleinen 2012 et 16 000 en 2013.

 La gestion de la dette publique recèle également quelques surprises : selon Thierry Breton (patron d’Atos, ex-ministre de l’économie), les deux septennats de François Mitterrand ont vu la dette publique s’alourdir de 555 milliards d’euros (dont 150 milliards liés au gouvernement Balladur) tandis que le quinquennat de Nicolas Sarkozy a vu la dette s’accroitre de 600 milliards d’euros (dont 200 milliards seulement imputables à la crise selon la Cour des Comptes, présidé par Didier Migaud, pas particulièrement tendre avec ses amis socialistes). En 5 ans, Nicolas Sarkozy a vu la dette publique passée de 52% du PIB à 57% en 2012.

En ce qui concerne les prélèvements sociaux, ils ont subi une hausse ininterrompue depuis 18 ans. Quelques grandes dates : ils représentaient 0,5% en Février 1996, 10% en Janvier 1998, 12,1% en Janvier 2009 et 15,5% depuis Juillet 2012.

Que dire du Code du travail, dont tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’une monstruosité administrative ? Une fiche de paie en France compte 22 lignes, contre 4 en Angleterre ou aux Etats-Unis, 7 en Allemagne et 8 en Italie. Le Code du Travail français compte 3 400 pages et contient 4 000 articles contre….54 articles dans le code du Travail Suisse !!!!

Enfin, last but not least, la France a toujours été sur le podium des Etats avec un taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés au monde. Le comble de la fierté pour nos dirigeants politiques, de droite comme de gauche, étant bien sûr lorsque nous occupons la 1ère place, ce qui est évidemment le cas aujourd’hui.

Ces quelques constatations, purement factuelles, devraient, me semble-t-il, nous guider immanquablement vers la réflexion suivante : n’est-il pas temps d’envisager en France une sorte de coalition nationale depuis le dernier remaniement qui a notamment placé Emmanuel Macron à la tête de l’économie ? Est-ce raisonnable et responsable de voir des dirigeants tels que Luc Chatel, Bruno Lemaire, Valérie Pecresse… critiquer Emmanuel Macron avec la même violence que celle qu’ils utilisaient pour critiquer Arnaud Montebourg alors que le premier est probablement aussi libéral que le second est un communiste refoulé. Les mêmes crieraient au génie si les dernières déclarations de François Rebsamen sur les contrôles à Pole Emploi ou celles de Bernard Cazeneuve sur l’immigration étaient prononcées par Nicolas Sarkozy.

Bref, tout cela n’est pas très sérieux et il est grand temps que nos dirigeants politiques, quelle que soit leur étiquette, soient enfin dignes de leur fonction et du peu de crédit qu’ils leur restent plutôt que de donner cet exemple pitoyable d’une course suicidaire dans le seul but de satisfaire des ambitions personnelles.

Le candidat à la prochaine élection présidentielle capable d’annoncer qu’il fera qu’un seul mandat s’il est élu, afin de mettre en place les vraies réformes dont le pays a besoin, devrait avoir un boulevard devant lui…

Thierry JULLIEN

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